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MASTERS DE DOHA - UNE ÉQUIPE DE FRANCE ROYALE !

MASTERS DE DOHA - UNE ÉQUIPE DE FRANCE ROYALE !
Catégorie : ÉQUIPE DE FRANCE
le 13/01/2021

L'équipe de France marque les esprits à 7 mois des Jeux Olympiques de Tokyo ! Portée par ses leaders, elle remporte 7 médailles dont 5 en or pour terminer première nation au classement des médailles avec une large avance sur le Japon qui n'a remporté que 2 titres à Doha. Cette prestation collective impressionnante s'est notamment terminée en apothéose avec une troisième journée supersonique qui a vu Teddy Riner, Madeleine Malonga et Romane Dicko remporter l'or et imiter ainsi Clarisse et Amandine. Royal ! 

Le roi Teddy est de retour !

Royal comme Teddy Riner ! Alors que le Français faisait son retour à la compétition à Doha, quelques questions pouvaient se poser pour les observateurs sur le niveau réel de Teddy. Ils ont pu être rassurés ! Il y'a 11 mois, Teddy quittait le tatami de l'AccorHotels Arena sur une défaite, la première en 154 combats. Quelques instants après celle-ci Teddy avait voulu relativiser avant d'annoncer sa ferme intention de se remettre au travail. Il ne pensait sans doute pas à ce moment que la pandémie de Covid-19 le forcerait à travailler sans relâche pendant quasiment un an sans pouvoir se tester face à la concurrence. Aujourd'hui, le verdict est tombé, et le travail a visiblement payé ! Extrêmement affuté (Teddy a perdu 20 kilos), le décuple champion du monde a dominé physiquement tous ses adversaires et semblé disposer d'une certaine marge de manoeuvre tout au long de la journée.

Teddy Riner a dominé Inal Tasoev (RUS) en finale - © Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

Teddy a géré sa compétition à la perfection et affiché des dispositions offensives que l'on avait plus vu depuis longtemps. Sur le papier, la tâche ne s'annonçait pourtant pas simple pour Teddy situé dans une partie de tableau relevée. Le Français passait son premier test avec succès face au fougueux Néerlandais Roy Meyer, avant de l'emporter sans difficulté face à un adversaire géorgien. Pendant ce temps, ses principaux adversaires faisaient grise mine, à l'image du Japonais Harasawa qui, blessé, s'inclinait au 2e tour. En demi-finale, la légende du judo mondial continue sur sa lancée en maîtrisant les ultimes assauts du Yakiv Khammo (UKR) pour garder son waza-ari d'avance obtenu sur un makikomi. En finale, le jeune espoir Russe Inal Tasoev est désormais le seul à pouvoir encore priver Teddy d'un retour tonitruant, mais il est totalement impuissant face à l'impact mis par Teddy dans leur combat. Les attaques du Français manquent légèrement de précision, mais le Russe est sur la défensive et, malgré quelques changements de rythme inquiétants, subit au point de recevoir un 3e shido à 15 secondes de la fin du combat. Il reste des éléments à travailler pour Teddy, mais la légende affiche un niveau qui peut déjà faire peur à tous ses adversaires. Avec ce succès, double champion olympique envoie un message très fort. La planète judo peut frémir, de plaisir pour les fans, de peur pour ceux qui se trouveront sur son chemin vers l'or à Tokyo : le roi est de retour pour défendre son trône et faire la passe de trois ! 

© Marina Mayorova / IJF

Clarisse maintient le cap sur Tokyo ! 

Si Teddy est le roi chez les masculins, chez les féminines c'est bien Clarisse la reine ! La quadruple championne du monde et quintuple championne d'Europe garde le cap vers Tokyo en s'imposant sans trembler à Doha. Fidèle à elle même, la Française a enchaîné les tours sans difficulté tant sa supériorité est grande, sur le plan technique comme physique. Après un premier tour où la machine a mis quelques minutes à se mettre en place (Clarisse aura eu besoin du Golden Score pour se défaire de Lucy Renshaw), la Française met le turbo sur les tours suivants. Elle réalise deux waza-ari face à une adversaire vénézuélienne avant d'infliger à sa dauphine des championnats d'Europe d'il y a quelques mois le même tarif que lors de leur finale à Prague : ippon. 

Clarisse Agbegnenou en action face à Lucy Renshall - © Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

Arrivée en finale sans la moindre frayeur, Clarisse y retrouve sa principale challenger Nami Nabekura. Les deux championnes ont pris l'habitude de se retrouver en finale de Masters, c'est la troisième année consécutive que l'ultime combat les oppose (une victoire partout jusqu'ici). C'est d'ailleurs la Japonaise qui a infligé à la Française sa plus récent défaite, en décembre 2019 à l'occasion du... Masters. Si Clarisse avait pu prendre sa revanche quelques mois plus tard en finale du Paris Judo Grand Slam 2020, nulle doute que notre championne voulait à nouveau mettre les choses au clair en marquant sa domination. Comme à chaque opposition face à la Japonaise, cette finale aura été de haut niveau. Clarisse aura du lutter pour percer la défense Nabekura qui, malgré la domination de Clarisse, se montrait dangereuse au sol. Le Golden Score fut nécessaire, mais la victoire est à la clé après 6 minutes 30 de combat. La réaction de Clarisse, quelques secondes après avoir réalisé son tani-otoshi victorieux, en disait long sur sa satisfaction. Impériale, elle envoie elle aussi, si cela était nécessaire, un message fort à ses adversaires et fait le plein de confiance, à quelques mois des Jeux Olympiques de Tokyo ! 

© Marina Mayorova / IJF

Madeleine Malonga, toujours plus haut, toujours plus forte ! 

Madeleine Malonga, Si Clarisse a une nouvelle fois marqué de son empreinte cette compétition et envoyé un signal fort, que dire de Madeleine Malonga ? La Française a marché sur la concurrence lors de ce Masters. Avec son Judo toujours aussi impactant, la championne du monde en titre a encore une fois assumé son statut à Doha avec une nouvelle victoire claire, nette et précise. Avec 4'05 de temps passé sur les tapis pour se qualifier en finale, Madeleine n'a, comme à son habitude, pas perdu son temps pour s'assurer une médaille. Luize Malzahn (ALL), Karla Prodan (CRO) et Nathalie Powell (GBR) peuvent le confirmer. Tranchante, puissante, la Française a semblé avoir plusieurs classes d'écart avec ses adversaires.

À Doha, Madeleine Malonga a envoyé un signal fort à ses adversaires - © Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

En finale, Madeleine retrouvait la Japonaise Shori Hamada, qui semble la seule à pouvoir la perturber à l'heure actuelle. Les deux adversaires se connaissent mais ne se sont pas rencontrées depuis les championnats du monde de Tokyo 2019. C'est la Japonaise qui avait remporté le dernier combat en date à l'occasion de l'épreuve par équipes, mais c'est Madeleine qui avait mis la main sur le plus important des combats en s'adjugeant le titre en individuels, privant Hamada de l'or mondial sur ses terres. La Française entame parfaitement sa finale en marquant waza-ari sur sa première attaque en o-soto-gari. Incapable de perturber la Française debout, la japonaise s'en remet au ne-waza qu'elle maîtrise à la perfection. Elle est toute proche de faire la différence mais se heurte à une séquence héroïque de Madeleine qui va défendre simultanément l'immobilisation et la clé de bras pendant plus de 50 secondes avant que l'arbitre ne signale mate. Dans une nouvelle finale de haut niveau, la Française aura souffert, mais la souffrance rend souvent la victoire encore plus belle ! La Japonaise ne trouvera pas la clé et c'est Madeleine qui s'impose et marque des points importants pour consolider sa place de n°1 mondiale en vue de Tokyo.

© Marina Mayorova / IJF

Romane Dicko taille patronne ! 

Il va sans dire que remporter les Masters à 7 mois des Jeux Olympiques permet de marquer les esprits. Mais, à Doha, Romane Dicko a peut-être fait beaucoup plus que ça. Après le Grand Prix de Tel Aviv, le Grand Slam de Paris et les championnats d'Europe en novembre dernier, Romane a de nouveau livré une copie parfaite en s'imposant malgré un tableau ultra relevé. Difficile d'identifier ce qui pourrait arrêter une Romane lancée sur un rythme effréné vers les Jeux Olympiques. Après une défaite pour sa reprise à Osaka après un an et demi d'absence pour blessure, Romane est désormais sur une série de 19 combats consécutifs, dont 17 remportés par ippon ! Une série de patronne pour notre Française dont on oublierait presque qu'elle n'a que 21 ans.

Romane peut avoir le sourire, elle vient de frapper un grand coup ! - © Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

La journée commençait pourtant très fort puisque Romane faisait d'entrée face à la Cubaine Idalys Ortiz, n°1 mondiale, triple médaillée olympique (dont un titre en 2012) et octuple médaillée mondiale. Mais Romane aborde ce combat avec sa décontraction habituelle. Plus mobile que son adversaire, c'est pourtant au sol que Romane va faire la différence, montrant ainsi sa grande polyvalence. Preuve de la difficulté du tableau de Romane, la double championne d'Europe s'impose successivement, en quart de finale et demi-finale, face à Nihel Cheikh Rouhou (TUN) et Kayra Sahit (TUR)... qui finiront toutes les deux sur le podium ! Il ne reste plus qu'une marche à franchir pour notre Française qui retrouve en finale celle qu'elle avait battue à ce même stade de la compétition pour devenir championne d'Europe trois mois auparavant : Iryna Kindzerska. Il lui avait alors fallu 2'15 pour être sacrée, 1'47 seront cette fois suffisantes ! Face une adversaire plus lourde, Romane bouge mieux et sur une attaque de Kindzerska, elle se replace rapidement pour reprendre l'initiative et contrer. L'arbitre donne waza-ari mais Romane saute sur l'occasion pour suivre au sol. L'Ukrainienne n'essaie même pas de se sortir de l'étau et Romane remporte le Masters et les 1800 points promis à chacun des 14 vainqueurs : une récompense pleine d'importance pour la Française déterminée à bien se placer parmi les têtes de séries avant Tokyo ! La Française confirme ainsi qu'il faudra compter pour elle dans 7 mois et qu'elle a bien l'allure d'une future, si ce n'est actuelle, patronne sur le circuit ! 

© Marina Mayorova / IJF 

Amandine, enfin ! 

Enfin, Amandine tient cette victoire en Masters ! Au rendez-vous de la finale des Masters depuis 4 ans, la Française restait sur 3 défaites consécutives : cette série a pris fin à Doha après sa victoire face à la Japonaise Ai Shishime ! La n°1 mondiale des - 52 kg a livré une superbe performance pour mettre fin à cette petite malédiction et préparer au mieux les sept mois qui l'emmèneront vers la capitale japonaise !

Amandine a remporté son premier combat face à Majlinda Kelmendi - © Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

Après une entrée en matière sobre et sans fioriture, le niveau est monté d'un cran au stade des demi-finales où Amandine faisait face à la Kosovare Majlinda Kelmendi. La championne olympique en titre détenait jusqu'ici les clés pour affronter Amandine, menée 3 - 0 dans leurs confrontations directes. Mais cette fois c'est la Française qui, en ne cédant rien face à l'impact de Kelmendi, a réussi à débloquer son compteur. Dans un combat long et intense, la Française livre une belle bataille tactique et se montre la plus offensive. Si aucune attaque ne fait mouche, cette attitude va porter ses fruits puisque c'est Kelmendi qui recevra un 3e shido synonyme de Hansoku-make. Le combat de la finale sera moins intense que la demi-finale mais se terminera de façon identique : avec une victoire de la Française au jeu des pénalités. Sur la dernière attaque d'Amandine Buchard, Ai Shishime réalise une action défensive de grande classe, mais l'arbitre décide que la japonaise est trop sur la défensive et la sanctionne une 3e fois. Pour Amandine, qui cherchait à passer ce cap et remporter un nouveau succès de prestige après le Grand Slam d'Osaka en 2019, cette victoire en Masters est une libération. La Française est définitivement lancée vers les échéances de l'été qui comprendront les Jeux Olympiques, mais également les championnats du monde ! 

© Marina Mayorova / IJF

Sarah-Léonie Cysique passe tout près, Astride Gneto brille encore !

L'équipe de France est passée tout près d'une 6e médaille d'or lors du premier jour ! Sarah-Léonie Cysique (- 57 kg) s'est offert une belle médaille d'argent et confirmé sa montée en puissance actuelle ! En finale, la Française a longtemps mis à mal la Japonaise Tsukasa Yoshida, en la poussant dans ses retranchements et au Golden Score. Mais malgré tous ses efforts, c'est Yoshida qui est sortie vainqueur de ce duel intense. Avec cette médaille d'argent, Sarah-Léonie rentre de Doha avec un maximum de certitudes sur sa capacité à performer et évoluer au niveau des meilleures de sa catégorie, un groupe dont elle fait déjà partie ! 

Dans la catégorie des - 52 kg, Astride Gneto a accompagné Amandine Buchard sur le podium et signé une nouvelle médaille dans cette compétition après Qingdao en 2019 ! La Française aura seulement butté sur Ai Shishime en demi-finale, au coeur d'une journée et un parcours qui a de quoi susciter sa fierté ! 

© Emmanuele Di Feliciantonio / IJF

Retrouvez les réactions des athlètes en vidéo : 

Astride Gneto, médaillée de bronze en - 52 kg : 

Amandine Buchard, médaillée d'or en - 52 kg : 

Sarah-Léonie Cysique, médaillée d'argent en - 57 kg : 

Clarisse Agbegnenou, médaillée d'or en - 63 kg : 

Madeleine Malonga, médaillée d'or en - 78 kg : 

Romane Dicko, médaillée d'or en + 78 kg : 

Teddy Riner, médaillé d'or en + 100 kg :