Judo et Jiu-jitsu brésilien : les bénéfices d'une double pratique
Disciplines liées par les mêmes racines, le judo et le jiu-jitsu brésilien ont à la fois beaucoup en commun et des spécificités propres. Mais existe-t-il des complémentarités réciproques ?
Pour Emma Duprat, professeur du Judo Jujitsu Colayrac dans le Lot-et-Garonne, et Arno Fleury, du club parisien Sankuno Yawaratori, la réponse est sans équivoque. « Il y a un vrai intérêt à pratiquer le jiu-jitsu brésilien pour les judokas et le judo pour les jujitsukas », débute la première, ceinture noire deuxième dan de judo et ceinture violette de JJB. Mais quel est-il précisément ? « D’abord, cela permet aux combattants d’étoffer leur connaissance en ne-waza et de compléter, ainsi, leur système d’attaque, prolonge Arno Fleury, ceinture noire dans les deux disciplines (deuxième dan de judo). En clair, ils viennent découvrir et pratiquer dans une démarche globale de progression. Un exemple ? Beaucoup découvrent des techniques peu utilisées en compétition de judo, comme certaines formes de sankaku-gatame par exemple. Après avoir pratiqué le JJB, ils sont nombreux à être beaucoup plus efficaces en compétition, parce qu’ils ont gagné en confiance dans les séquences de ne-waza, et ne se mettent plus systématiquement en position de tortue en attendant le "matte" de l’arbitre. »
Les liaisons debout-sol vues sous un autre angle
« Un combat remporté au sol, c’est autant d’énergie économisée pour la suite de la compétition », abonde Emma Duprat. Et puis, avec l’apprentissage du jiu-jitsu brésilien, on regarde les liaisons debout-sol du judo d’un autre angle. Et on se rend compte du nombre d’occasions perdues par beaucoup de judokas dans cette situation précise de transition. Des bras tendus qui traînent, des cous ouverts aux étranglements, etc. Autant de situations à transformer en opportunités. » Arno Fleury ne dit pas autrement : « du fait de ses règles, le JJB permet également aux judokas de gagner en mobilité, en agilité, en flexibilité, et en matière de reprise d’initiative ».
Le judo, du plus pour projeter
Et dans l’autre sens ? « La pratique du judo, et en particulier l’apprentissage des techniques de ramassement de jambes, se révèle un vrai atout pour les jujitsukas puisque cela enrichit leur panel de projections tout en ne donnant pas son dos à son adversaire, explique la Lot-et-Garonnaise. J’enseigne prioritairement des techniques comme morote-gari, te-guruma, kibisu-gaeshi qui, si elles sont bien suivies au sol, sont très utiles, puisqu’elles permettent à la fois de marquer des points et de ne pas se mettre en danger. À l’inverse, nous n’apprenons pas les seoi-nage, car tourner le dos à son adversaire, c’est offrir à celui-ci une position très forte avec un risque possible de soumission. » Coupler judo et jiu-jitsu brésilien, le moyen parfait de prolonger à l’infini l’exploration de toutes les dimensions techniques de ces disciplines sœurs.
Sur le même sujet...
19 Mars 2026
Tout le monde a sa place au dojo - Édito de Romane Dicko
Découvrez l'Édito complet de Romane Dicko sur sa relation au judo.
19 Mars 2026
UJ Brive Corrèze Limousin : de la formation sur mesure pour développer la confiance des judokas
Comment aider les judokas à prendre confiance en eux, quelles que soient leurs ambitions sur le tapis ou leurs aspirations dans la vie ? À l’UJ Brive Corrèze Limousin, cette question…
19 Mars 2026
Tylian Villalonga, 15 ans : « Le judo m’a appris à ne pas m’énerver »
Âgé de quinze ans, ce cadet première année, licencié à l’AJ Châteauroux, explique avoir appris à contenir sa colère tout en développant de nombreuses qualités physiques grâce à la discipline.