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Judo et autisme : le parcours inspirant de Doriann, champion actif du JC Marnaval

24/04/2026

À onze ans, Doriann, judoka autiste, vient de remporter le critérium départemental benjamins du bassin champenois. Au-delà du strict résultat sportif, c’est son intégration réussie au Judo Club Marnaval (Haute-Marne) qui est à saluer. Un exemple concret des bienfaits du judo pour les publics atteints de troubles.

Après s’être d’abord essayé au football, Doriann s’est retrouvé vers l’âge de quatre ans en action au dojo, sur les conseils d’un médecin, avant même d’avoir été diagnostiqué autiste avec le syndrome « Asperger », avec un haut potentiel intellectuel. « Nous parlions à l’époque de troubles du comportement, avec des difficultés à gérer ses émotions ou les situations d’échec, rappelle sa mère Marie-Laure. Tout ce qui sort du cadre habituel, comme des changements imprévus, de l’attente, un excès de bruit ou de luminosité, s’avère un obstacle pour Doriann.

 

 

C’est là que le judo est tombé vraiment à pic, avec ce repère fort du dojo, la structure des cours avec des règles bien établies qui sont stables dans le temps. Dès ses premières saisons dans la section d’Ancerville avec Marie-Christine Monnet, Doriann a trouvé ses marques et a énormément évolué depuis, en se référant constamment au code moral dans son quotidien. » Des valeurs placardées dans sa chambre pour se les remémorer jour après jour et les ancrer un peu plus profondément dans son esprit. 

« Nous les avons adaptées à chaque situation de la vie courante, afin qu’il se comporte en judoka lorsqu’un obstacle ou une difficulté se présente face à lui, comme par exemple au collège où il arrive parfois que certains camarades viennent l’embêter. On ne peut qu’être fier de lui car le chemin est loin d’être évident. Un simple exemple : le contact des étiquettes de vêtements lui est insupportable, mais il a complètement su intégrer le rapport à l’autre et la nécessité de la préhension dans le judo. C’est tout de même incroyable !» 

 

Écouté et compris sur le tapis 

 


Aux premières loges de son épanouissement en judogi, son grand-père Bernard loue de son côté l’accueil qui lui a été réservé au JC Marnaval. « Ayant été éducateur sportif, je ne peux qu’apprécier le fait que Doriann soit écouté et compris de ses professeurs de judo, qui savent quand il a besoin de faire une petite pause, de s’isoler quelques instants pour que la pression puisse redescendre avant de reprendre le fil de la séance. Ne pas brusquer les choses est une donnée essentielle, et Doriann est de lui-même désormais capable de sentir quand il s’apprête à s’emballer. Un coup d’œil à son moniteur et le tour est joué ! 

Ce climat de confiance influe évidemment sur le plaisir qu’il prend sur le tapis, au point qu’il a intégré l’école technique, réservée aux plus assidus et aux plus motivés, avec l’objectif de structurer encore davantage sa pratique, avec un temps d’aide aux devoirs formalisé pour pouvoir derrière se concentrer sur l’entraînement. » Du côté de Mohamed Ouali, directeur technique du club de Marnaval, c’est tout simplement le même fonctionnement que son équipe s’attache à appliquer à tous, sans distinction. 

« Même si nous avons une attention particulière à son encontre du fait de son autisme, nous ne faisons aucune distinction avec le reste de nos pratiquants. Je lui répète souvent que je sais qu’il est capable de se comporter correctement, que j’ai confiance en lui, et il nous le rend bien. » Au point de faire partie des assistants aux professeurs sur le cours des petits le mercredi après-midi avant l’une de ses trois séances hebdomadaires. « Doriann est aujourd’hui un vrai mordu, et ses progrès en compétition montrent qu’il peut aller loin en continuant de bien travailler. » 

 

Bénéfique pour tous les pratiquants 

 


Sa victoire lors du critérium benjamins du Bassin Champenois au mois de mars ? Presque anecdotique à écouter sa mère. « Il n’est même pas fier de ce qu’il a fait, cela lui a semblé normal et il a su contrôler ses émotions, alors qu’il est enfin parvenu à battre un camarade de club en finale qui lui donnait di fil à retordre à chaque fois… J’ai simplement senti qu’il était heureux d’avoir réussi ! » Son garçon, toujours très demandeur et qui aime comprendre tout ce qu’il fait, voit d’ores et déjà plus loin. « Le soir, il me disait qu’il visait désormais les titres de champion de France et du monde ! 

Ce à quoi je lui ai répondu que s’il veut essayer d’emprunter cette voie, nous ne pouvons que l’encourager. Il est parfaitement conscient de son handicap mais, grâce notamment à sa pratique du judo, il sait qu’il est capable faire de belles choses. Il en a aujourd’hui fait une force, et cela ne peut être que bénéfique pour sa vie. » Un exemple pour Mohamed Ouali, dont le conseil aux clubs est on ne peut plus clair. « Je pars du principe que tout le monde a le droit d’essayer le judo car cela peut être bénéfique dans la majorité des cas.

Il suffit simplement d’oser l’accueil, et tout se déroule généralement bien, avec un bénéfice évident pour le pratiquant en situation de handicap, mais aussi pour tous les autres qui ouvrent les yeux en termes d’inclusion, d’intégration, de savoir être et de vivre ensemble. Et lorsque cela se passe bien comme c’est le cas avec Doriann, on se dit tout simplement que l’on a tout gagné ! »  

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