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LE MONTPELLIER JUDO OLYMPIC, LAURÉAT DE LA CAMPAGNE CROWDFUNDING DU CRÉDIT AGRICOLE !

LE MONTPELLIER JUDO OLYMPIC, LAURÉAT DE LA CAMPAGNE CROWDFUNDING DU CRÉDIT AGRICOLE !
Catégorie : CLUBS
le 10/02/2021

La campagne de crowdfunding lancée par le Crédit Agricole a livré son verdict en début de semaine avec l'annonce des résultats. Le "coup de coeur judo" a été décerné au club du Montpellier judo Olympic avec son projet "De la rue à la ceinture noire". 

Débutée en 2013, cette action sociale offre à des jeunes enfants défavorisés du quartier Celleneuve à Montpellier un soutien financier pour pratiquer le judo et permet à ces mêmes enfants d'être accompagnés dans leurs projets personnels, scolaires et professionnels.  

Découvrez plus en détail ce projet présenté par la présidente du club, Christel Boxberger Lavaud, à l'initiative du projet :

Comment ce projet a-t-il vu le jour ? 

Nous avons commencé ce projet en 2013, date à laquelle nous avons ré-ouvert le club dans le quartier Celleneuve. Nous avons constaté que beaucoup de jeunes ne pouvaient pas pratiquer car ils n’avaient pas les moyens financiers pour s’y inscrire. Bien que le judo ne coûte pas excessivement cher, il faut tout de même pouvoir payer la cotisation, l’équipement, prendre en charge les déplacements. Cela n’est malheureusement pas possible pour tout le monde et nous soutenons des jeunes du club pour pouvoir pratiquer le judo malgré ces contraintes. Nous allons donc prendre en charge tout ou partie de ces coûts et les accompagner sur les compétitions. Cela nous a permis de tisser un vrai lien de confiance avec les enfants mais aussi les parents qui nous les laissent. Le club constitue pour eux une deuxième famille et les enfants nous le rendent bien ! Ce sont des supers jeunes, ils sont reconnaissants des efforts que le club fait pour eux, ils sont très respectueux. 

Mais cela ne s’arrête visiblement pas au soutien financier et sportif, vous intervenez en réalité quasiment comme une maison de jeunesse… 

Exactement. C’est tout à fait le rôle que nous cherchons à remplir. Certains viennent tous les jours au club, nous leur offrons un équilibre, de l’amour, du respect et une aide pour les orienter dans leur vie personnelle comme professionnelle. 

Comment se matérialise cette aide ? 

Nous les aidons à monter leurs projets, leurs dossiers… Il m’arrive par exemple souvent d’aider des jeunes à faire leurs lettres de motivation ! Nous les aidons comme nous aiderions nos enfants ! Certains sont en situation de déscolarisation et, selon les profils, nous essayons de les insérer professionnellement dans le judo en les orientant vers un CQP ou un BPJEPS. Ils sont dans le judo depuis petits, ils aiment le club et sont régulièrement avec nous sur le tapis pour nous aider donc cela facilite l’apprentissage. Dans d’autres cas, notre accompagnement se concrétise sur l’aspect sportif puisque deux de nos judokas soutenus ont récemment intégré le pôle espoir de Montpellier, ce qui constitue une grande fierté. 

Combien de jeunes accompagnez-vous de la sorte et quelle est la tranche d’âge ciblée ?

Chaque année, entre 2 et 5 jeunes rejoignent le programme de soutien, donc nous aidons simultanément entre 15 et 30 jeunes selon les années. Nous n’avons pas réellement de tranche d’âge identifiée mais nous commençons à soutenir les enfants à partir de 7 ans. Le plus communément nous soutenons des jeunes de 10-11 ans, lorsque nous constatons un réel attachement au judo. 

Gardez-vous des liens avec les jeunes qui sont passés au sein du programme ? 

Oui tout à fait. On essaie de les inviter à l’occasion d’anniversaires, ou lorsque l’on fait des grillades l’été. On forme une grande famille. L’exemple parfait c’est Jolan (ndlr : Jolan Florimont, qui a grandi au club), que l’on a accueilli dès l’âge de 7 ans, que l’on a aidé et qui aujourd’hui est à l’INSEP. On a toujours gardé des liens avec lui et il occupe, aujourd’hui, le rôle de grand frère pour tous ces jeunes.

Comment avez-vous été informés de cette action de Crowdfunding portée par le CA ? 

J’ai découvert sur les réseaux sociaux un post de Teddy qui faisait la promotion de cette opération de crowdfunding du Crédit Agricole. Je me suis rapidement dit « pourquoi pas ? ». Mais il faut savoir que tout ce que nous faisons remonte de 2013, et nous n’avons en réalité jamais considéré cela comme un projet. Nous avons monté cela car c’est dans la culture de notre club. La preuve : jusqu’à il y a encore quelques mois, tout ce que nous faisions ne portait pas de nom ! Cette solution de crowdfunding nous a encouragés à donner une identité à tout ce que nous faisons. Au sein du club, tout le monde était super heureux que l’on lance « officiellement » le projet « De la rue à la ceinture noire ». Nous avons transmis l’information aux proches du club, aux parents de nos licenciés et aux licenciés majeurs qui ont relayé eux-mêmes dans leur sphère et la mobilisation locale a fonctionné à plein régime, tout le monde a joué le jeu ! 

Comment a été reçue la nouvelle de cette nomination et avez-vous déjà décidé de l’usage des fonds récupérés ? 

Tout le monde était super heureux et fier ! Pour l’argent, cela n’est pas encore décidé, mais il est possible que nous investissions dans du matériel et des équipements pour nos jeunes. 

Pour terminer, votre projet se nomme « De la rue à la ceinture noire » ; avez-vous déjà rempli votre objectif et combien d’enfants ont obtenu leur ceinture ? 

Nous avons au moins 4 jeunes qui ont atteint la ceinture noire et plusieurs d’entre eux sont à la ceinture marron, donc nous allons vite dépasser ce chiffre ! Tout cela ne serait pas possible sans une super équipe avec des enseignants fantastiques qui sont tout le temps à fond. Nous avons aussi des ambassadeurs formidables, comme Jolan. Nous sommes très soudés avec une pleine confiance les uns les autres. Nous arrivons à mener de pair une politique sociale et une politique de haut-niveau. C'est pourtant compliqué car d'un côté il faut accueillir et soutenir financièrement ces jeunes, alors que de l'autre, nous devons assumer les dépenses d'un club de haut-niveau, ce qui est difficile en province car la majeure partie des compétitions ont lieu à Paris, les frais de déplacements sont donc élevés... Il y a Zahia Bacha Soualhi qui travaille beaucoup avec les enfants du quartier et Arthur Combeau avec les compétiteurs. Nous leur devons beaucoup, tout comme nous devons aux parents et aux donateurs qui nous soutiennent dans notre démarche.