Portrait de Paul de Rocca Serra (président de la FFJDA en 1956) - France Judo

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Portrait de Paul de Rocca Serra (président de la FFJDA en 1956)

02/03/2026

Retrouvez le portrait du mois de mars avec Paul de Rocca-Serra président de la FFJDA en 1956.

Paul de Rocca Serra (président de la FFJDA en 1956)

 

 

Paul de Rocca-Serra n’a été président de la Fédération française de judo et de jiu-jitsu (FFJJJ, future FFJDA) qu’une année, en 1956, une façon très brève, avant la prise de fonction de Jean Pimentel.

 

Pour résumer les principales actions de Paul de Rocca-Serra lors de ce court passage comme Président, on peut dire qu’il a été :

Le Précurseur : Il a validé l'entrée de la France dans l'ère de la compétition planétaire à Tokyo, faisant passer le judo français d'une pratique nationale à un rayonnement mondial.

Pour ces premiers championnats du monde de judo à Tokyo en 1956. Henri Courtine seul combattant français officiellement aligné, l’épreuve étant limitée à 31 judokas en toutes catégories.

Il termina à la 4è place, battu par Anton Geesink (Pays-Bas) et obtient une médaille de bronze, ce qui est salué comme une excellente performance par la presse de l’époque.

Le Conciliateur : Il a tenté par le dialogue d'éviter la fracture entre le CNCN (Collège National des Ceintures Noires) cherchant une voie moyenne pour maintenir l'unité de la "famille" judo.

Le Modernisateur : Il a commencé à transformer une fédération de pionniers en une institution structurée territorialement pour répondre à l'explosion du nombre de licenciés …Création des Ligues.

Après avoir été longtemps limité à la région parisienne, le judo commence à s'implanter solidement en province.

À titre de comparaison, on ne comptait qu'une cinquantaine de pratiquants en 1936. La croissance a été fulgurante en vingt ans : environ 22 259 licenciés en 1955.

Le Diplomate : Il a su naviguer entre les exigences de rigueur du Ministère des Sports et les spécificités martiales du judo, renforçant la crédibilité institutionnelle de la fédération.

Le Lucide : En choisissant de partir avant l'explosion (la scission de 1957), il a reconnu que sa méthode de compromis ne pouvait plus contenir le choc frontal des idéologies, laissant la place à une gestion plus autoritaire.

 

En un mot, si l'on devait retenir un seul qualificatif global pour son court mandat, ce serait celui de Président-Tampon.

Paradoxalement son échec de médiation a été utile à l’époque, sa démission et la crise qui a suivi ont forcé le judo français à clarifier ses règles. Sans ce passage par le conflit, le judo français serait peut-être resté une discipline obscure et divisée en dizaines de petites écoles privées.

En résumé, Paul de Rocca-Serra a été le gardien de la transition. Il a permis au judo de ne pas perdre son âme au moment où il rentrait dans l’ère sportif.

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