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OLIVIER DESROSES, ARBITRE AUX JEUX PARALYMPIQUES

OLIVIER DESROSES, ARBITRE AUX JEUX PARALYMPIQUES
Catégorie : COMPÉTITION
le 26/08/2021

 Olivier Desroses reçoit un dossard aux Jeux Paralympiques © IBSA

Olivier Desroses sera sur les tatamis du Nippon Budokan dès vendredi pour arbitrer la compétition de judo. Ceinture noire 4ème dan et arbitre international, nous l'avions interviewé à l'annonce de sa sélection. 

 

Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre nomination ?

Forcément j’étais très heureux ! Ce n’était pas une surprise dans l’absolu car cela fait 3 ans que, avec Matthieu (ndlr : Matthieu Bataille), nous travaillons pour cela. Nous avons été sélectionnés pour faire partie d’un groupe de préparation à Tokyo. C’est au final l’aboutissement de 3 années de travail et cette récompense ne tombe pas du ciel. Matthieu et moi faisons partie des 15 premiers arbitres de la ranking list internationale, nous pouvions espérer obtenir notre place. Nous avons travaillé dur pour cela et nous avions officié sur du para-judo donc nous étions éligibles pour les Jeux Paralympiques aussi. Il y a donc une grosse satisfaction liée à l’aboutissement de ce travail. Nous terminons un cycle sur la récompense que nous attendions et il y a aussi la fierté supplémentaire de représenter la France et de lui permettre d’être l’une 4 nations qui seront représentées sur les jeux Olympiques et sur les jeux Paralympiques.

Parlons de vous, quand et comment avez-vous commencé l’arbitrage ?

Oh, cela fait bien longtemps que j’arbitre ! J’ai arbitré au siècle dernier (rires) ! J’ai commencé au niveau départemental en 1994 puis, 2 ans plus tard, je suis passé en régional. J’ai atteint le niveau national en 2003 avant d’intégrer le niveau européen en 2011. J’ai ensuite grimpé au niveau international et j’ai pu officier sur mon premier championnat du monde, le championnat du monde Cadet/tes, en 2017. Je suis sur le circuit de l’IJF World Tour depuis 2018. J’ai mis un peu de temps à gravir les échelons au départ ! Contrairement à Matthieu qui a pu bénéficier d’un cycle de formation dédié aux athlètes de haut-niveau, j’ai suivi le cursus classique pour devenir arbitre et cela prend plus de temps, même si aujourd’hui cela irait un peu plus vite ! 

En commençant, étiez-vous déjà dans l’objectif d’arbitrer à haut-niveau, pourquoi pas au point de rêver des jeux Olympiques ? 

Pas du tout ! J’ai débuté pour découvrir, puis ça m’a plu et je ne devais pas être si mauvais que ça (rires) ! J’ai cheminé doucement en montant échelon par échelon sans trop me poser de questions. J’ai été surpris lorsque l’on m’a proposé pour le national, et une fois arrivé à ce niveau je me suis dis qu’atteindre le niveau européen serait sympa, mais je voyais ça de très loin. Ce n'est qu'à partir du moment où j’ai atteint le niveau continental que les portes se sont ouvertes et je me suis pris au jeu. Mais je n’ai jamais pensé à la possibilité de faire des Jeux Olympiques ou Paralympiques avant 2017 et mon arrivée sur des championnats du monde. C’est seulement à ce moment là où j’ai commencé à me dire que cela pouvait être possible. 

Comment cela se passe avec les autres arbitres ? Y’a-t-il une certaine concurrence ?    

Cela se passe très bien ! Évidemment que la concurrence existe et qu’il peut y avoir plus d’affinités avec certains et moins avec d’autres, mais nous sommes tous à nous entraider. Il y a une vraie ambiance de groupe et nous vivons très bien ensemble. Il vaut mieux d’ailleurs, car nous sommes quand même très souvent regroupés ! Sur une année de compétition normale, on se retrouve souvent, presque tous les 15 jours, pendant une grosse semaine donc on passe énormément de temps tous ensemble… Sur certaines périodes j’ai dû passer plus de temps avec Matthieu et les collègues qu'avec mes proches ! Alors, avec le contexte actuel, à chaque compétition, on est heureux de se revoir, mais c’est forcément moins fréquent. Nous sommes un peu sevrés. Quant au niveau national, je suis un ancien maintenant ! Mais c’est une bonne ambiance. J’ai reçu plein de message de félicitations de mes collègues au national, au régional, départemental… 

Vous continuez à arbitrer au niveau régional ? 

Bien sûr ! Dès que je peux je suis sur les tapis ! Évidemment la priorité est donnée à l’international et je ne fais plus toutes les dates au niveau régional mais j’essaie d’être présent autant que je peux. Et je suis désormais formateur au niveau de la ligue Centre Val de Loire. J’essaie d’accompagner et encadrer les plus jeunes qui sont moins expérimentés… 

Vous parlez du calendrier international, combien de temps passez-vous sur des compétitions internationales ? 

En 2019, j’ai arbitré 18 compétitions internationales. Ça fait beaucoup ! Ce sont des sacrifices personnels mais aussi professionnels car j’ai aussi un travail ! Entre les congés, les RTT et les changements de planning, c’est toute une organisation qu'il faut mettre en place. Et je compte, aussi, sur le renouvellement de ma CIP car cela facilite quand même les choses et, sans elle, cela pourrait devenir plus compliqué ! 

Quelles sont les différences dans l’arbitrage en para-judo ? 

Les différences sont principalement dans le protocole d’accompagnement. Il y a une validation protocolaire à passer avec des gestes à connaître pour pouvoir arbitrer en para-judo. Mais après une journée à se concentrer sur le protocole, tout se fait de façon naturelle.