Fédération Française de Judo

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Jujitsu

Eugène Domagata « de multiples talents et une énergie débordante»

S’il y a un spécialiste du jujitsu en France, c’est bien Eugène Domagata 7ème dan. Il a débuté le judo à Valentiney, dans le Doubs en 1956. Il est aujourd’hui Directeur Technique et Sportif de l’Union Européenne de Jujitsu (E.U.J.J.), et manager général technique, sportif et développement de la Fédération Internationale de Jujitsu (F.I.J.J.) Avant d’occuper ces postes, il a connu un long parcours professionnel dans le judo, mais pas seulement…

« J’ai toujours été passionné par les armes et le sport. L’armée de l’air s’est donc imposée assez naturellement à moi comme choix de carrière » explique l’intéressé. A 18 ans, Il entame sa première formation militaire. Il devient aide moniteur d'entraînement à Antibes, avec déjà, la volonté de former, de transmettre, alors qu’il vient tout juste d’obtenir sa ceinture noire en 1964.

Après 17 ans de carrière militaire Eugène Domagata se réoriente et est recruté en 1980, comme Conseiller Technique par le ministère de la Jeunesse et des sports à la Direction départemental d’Auxerre (Bourgogne). Il est alors, compte tenu de ses compétences placé auprès de la fédération de judo. Il occupe les fonctions successives de Cadre Technique Départemental, Régional, Inter-régional puis National en 1987.

Au sein de la Direction Technique Nationale, Eugène est chargé de différents dossiers dont celui du suivi des inter-régions, celui très sensible des grades pendant de nombreuses années et principalement celui du développement du jujitsu et de l’entraînement de son équipe de France. Sa formation et sa connaissance de différents sports de combats l’amène naturellement à succéder à Bernard Pariset (9ème dan) dans sa croisade pour développer l’aspect défense du judo. L’essor en France du jujitsu doit incontestablement beaucoup à l’énergie hors norme d’Eugène Domagata. S’il a officiellement pris sa retraite au début du mois de septembre, passionné, il poursuivra sa mission jusqu’au mois de décembre, pour assurer la transition et emmener l’équipe de France jujitsu à son plus haut niveau aux championnats du Monde du 30 novembre au 2 décembre, à Vienne.

Vers une nouvelle carrière ?

A l’instar de la plupart des membres de la Direction Technique, le bisontin d’origine, à la bonne humeur communicative, est de longue date, un sportif éclectique. Karatéka, rugbyman ou encore parachutiste, l’expert en jujitsu unanimement reconnu a également atteint un niveau national en athlétisme, au pentathlon ou encore au tir.

Si la retraite ne sera, raisonnablement, pas le moment opportun pour reprendre l’entrainement de toutes ces disciplines, Eugène Domagata entend bien cependant profiter de son temps libre pour s’adonner à ses multiples passions.

« J’ai beaucoup de projets pour la retraite. Je suis déjà impliqué en tant que Professeur de Judo-Jujitsu dans mon club, je resterai disponible pour des interventions ponctuelles dans notre Fédération, je poursuivrai mon engagement auprès de l’U.E.J. et la Fédération internationale de jujitsu, pendant encore une à deux années. Mes activités diminueront donc progressivement. »
Mais le haut-gradé n’entend pas s’arrêter là. « Je suis pilote privé d’avion, et j’espère pouvoir partager, le plus longtemps possible cette passion de l’air avec mon fils Alexandre (pilote dans l’armée de l’air). Je veux par ailleurs m’investir dans l’aéroclub qui m’accueille et préserver aussi du temps pour la musique et la photographie. » Manifestement, Eugène Domagata a longuement réfléchi à sa reconversion, au point d’envisager une nouvelle carrière ? « Je suis passionné pas les sciences humaines, j’ai commencé il y a un moment déjà, une formation de consultant formateur, pour accompagner des personnes qui ont des besoins afin de se réaliser dans les études, dans le monde du travail… Ce qui m’intéresse, c’est la pédagogie, la relation à l’autre. J’ai construit toute ma carrière autour de ses centres d’intérêt et je me suis « régalé ». Pourquoi m’arrêter maintenant ? ».

Le Jujitsu, une progression phénoménale

Difficile de parler d’Eugène Domagata sans parler de l’évolution du Jujitsu. « La progression des pratiquants a été phénoménale depuis quelques années. Nous le devons aux enseignants, dans les dojos. Ces trente dernières années, les structures se sont beaucoup développées. Même s’il reste beaucoup à faire pour la dimension sportive de la discipline, la Fédération a su développer la dimension « self-défense, » qui répond aux besoins d’un public d’adultes. Pour autant, Il reste beaucoup à faire sur le volet sportif, pour que le jujitsu se développe et obtienne la reconnaissance de sport de haut niveau qu’il mérite.
De nombreux pays ont aujourd’hui une pratique sportive du Jujitsu plus développée que chez nous, et si nous voulons conserver une place à l’international nous devons avancer sur une stratégie spécifique pour le développement sportif. »

Dans son club et auprès de la Fédération, Eugène Domagata entend bien œuvrer dans ce sens. A 67 ans, il n’est pas prêt, comme ses collègues et amis Serge Feist et Jean-Paul Coche de raccrocher le judogi.

Edito par Didier JANICOT

Des techniques de combat d’une redoutable efficacité qui deviennent moyen et système d’éducation visant le développement des personnes et un fonctionnement harmonieux en société…paradoxe, utopie ? …Peu importe, cette ambition marque à l’évidence une évolution dans la conscience humaine et fonde un grand projet pour le Judo et le Jujitsu.

Les rapports entre le Jujitsu et le Judo sont anciens, complexes et évolutifs. On a parfois résumé un peu vite ces derniers dans le « passage » du Jujitsu « ancien » au Judo moderne comme si une substitution s’était opérée. En fait, les liens historiques, techniques, pédagogiques et philosophiques qui unissent l’un à l’autre sont forts et subtils, c’est le grand mérite du collectif de professeurs qui offre à votre lecture ce remarquable document que d’avoir donné un éclairage pertinent et puissant sur ce qui unit le Jujitsu et le Judo dans une grande démarche éducative basée sur une pratique du corps où la souplesse, l’adaptation et le respect sont le fondement des apprentissages.

C’est un parcours attrayant, progressif et riche qui est proposé dans la recherche de l’efficacité à tous ceux qui souhaitent pénétrer et progresser dans le monde des arts martiaux, la forme du document largement illustré y aidera assurément.

Les aspirations des pratiquants, l’affichage médiatique, les politiques de développement mises en œuvre feront, entre autres, encore beaucoup évoluer le rapport entre Jujitsu et Judo.

Au bout du compte ce sont les professeurs, dépositaires d’un extraordinaire patrimoine technique et culturel qui baliseront le parcours de leurs élèves, c’est là l’objet de ce document qui s’ouvre à vous.

Remerciements à ses auteurs et fructueuse lecture à tous.

Didier JANICOT

Directeur de l'enseignement et du développement des pratiques de la F.F.J.D.A.

Photo identité

Avant-propos par Eugène DOMAGATA

La pratique du JUJITSU a été conservée par les milieux militaires, policiers, et par les professions de sécurité, mais pratiquement abandonnée par la société civile japonaise compte tenu de l’image d’efficacité guerrière véhiculée à travers les siècles.

Les maîtres japonais de la fin du 19ème siècle et du 20ème siècle, après des travaux de recherche, nous ont transmis des Arts de combat repensés, adaptés à la culture japonaise et à ses valeurs du moment. Pratiqué confidentiellement en France entre les deux guerres, le JUJITSU et surtout le JUDO se pratiquent de plus en plus après la guerre.

Le JUDO se développe comme une méthode d’éducation physique et sportive, alors que le JUJITSU ne se pratique que pour démontrer l’efficacité utilitaire en combat de rue, les meilleurs spécialistes du moment faisaient des démonstrations spectacles.

Certains pionniers, puis les dirigeants de l’époque se sont attachés à imposer le JUDO comme discipline sportive, délaissant le JUJITSU. Un développement mondial s’en suit et le JUDO s’impose alors comme un grand sport de combat.

Le JUDO entre dans l’histoire avec les Championnats nationaux, continentaux, mondiaux et les Jeux Olympiques. Tout ceci favorise bien évidemment la reconnaissance sociale des champions, des athlètes, des dirigeants et des structures.

Une politique cohérente de formation des professeurs, un choix judicieux des entraîneurs finalisent la réussite sportive du Judo français qui s’accompagne progressivement d’un fort développement quantitatif parmi les jeunes pratiquants. Les dirigeants ont crée les structures adaptées à cette croissance, et ont favorisé le développement et l’hypertrophie sportive nécessaire pour réussir et devenir, à terme leader en Europe et dans le monde.

La Fédération Française de JUDO JUJITSU, constate rapidement que certains pratiquants ne se réalisent pas nécessairement avec une certaine forme de JUDO, aussi il lui semble nécessaire de repenser le JUDO dans son ensemble, et de l’envisager comme une pratique comportant de nombreuses facettes éducatives et techniques qui doit être accessible à tous, pour qu’elle soit pratiquée par le plus grand nombre le plus longtemps possible. A cette époque, le JUJITSU n’est plus ou peu pratiqué.

Dans les années 80, la Fédération décide donc de repenser l’enseignement du JUDO et de réactiver la pratique du JUJITSU dans les clubs. Elle met en œuvre un ensemble de mesures de sensibilisation, de recherche, de formation initiale et continue des professeurs pour offrir aux adhérents des pratiques adaptées à leur désir.

Méthode de self-défense

Dans un premier temps logiquement, pour permettre au Judoka d’exprimer leur savoir-faire, le JUJITSU est proposé comme une méthode de défense personnelle utilisant les techniques de JUDO pour se défendre. Ensuite progressivement l’ensemble des gestuelles et techniques de combat de JUJITSU est réétudié et proposé aux pratiquants.

Méthode d’éducation physique et art de combat

Dans le même temps, la méthode française d’enseignement du JUDO JUJITSU adaptée aux nouvelles populations de jeunes fréquentant les clubs s’impose progressivement.

Les nombreuses possibilités d’expression technique, les valeurs éducatives et morales de la culture JUDO – JUJITSU et la prise en charge intelligente des différentes populations par les professeurs et dirigeants expliquent qu’aujourd’hui, l’enseignement du JUDO – JUJITSU soit en phase avec les différentes motivations et attentes des pratiquants féminins et masculins de tout âge.

- Améliorer la forme physique du moment.

- Éduquer moralement et physiquement, transmettre des valeurs morales.

- Offrir une pratique attrayante et efficace pour se défendre.

- Permettre une amélioration continue de l’expression technique JUDO JUJITSU.

- Permettre à ceux qui le souhaitent de se réaliser en progressant dans les grades.

- Permettre la réussite sportive au plus grand nombre en JUDO et en JUJITSU.

Les documents pédagogiques de l’Ecole Française de JUDO JUJITSU (production de la FFJDA) vous aideront à progresser dans la voie choisie.

Cette méthode française d’enseignement JUJITSU servira de support à vos premières années de pratique et vous permettra de franchir les différents stades de maîtrise technique, préparatoire à la ceinture noire et à ses dan.

Eugène DOMAGATA

Coordonnateur technique national JUJITSU

Eugene Domagata