Fédération Française de Judo
Judo, Jujitsu, Kendo et disciplines associées

European Judo Union International Judo Fédération Paris 2024
JEUX OLYMPIQUES DE TOKYO 2020
00
00
:
00
jours
heures
minutes
App store Google Play

LA FFJDA S'ENGAGE AUPRÈS DE L'ASSOCIATION COLOSSE AUX PIEDS D'ARGILE

LA FFJDA S'ENGAGE AUPRÈS DE L'ASSOCIATION COLOSSE AUX PIEDS D'ARGILE
Catégorie : ACTUALITE FEDERALE
le 27/01/2021

La Fédération Française de Judo, Jujitsu, Kendo et Disciplines Associées a signé ce mercredi 27 janvier, par l'intermédiaire de sa vice-présidente Secrétaire Générale Magali Baton, une convention de partenariat avec l'association Colosses aux pieds d'argile, représentée par son directeur et fondateur Sébastien Boueilh. L'association Colosse aux pieds d'argile est engagée depuis 2013 dans la prévention et la sensibilisation aux violences dans le milieu du sport et accompagne les victimes de violences sexuelles.

Déterminée à lutter contre toutes formes de violences dans le cadre de la pratique du Judo et des Disciplines Associées, la FFJDA s'associe avec l'association pour assurer une meilleure prise en charge des victimes, du signalement à l'accompagnement psychologique et organiser la sensibilisation aux violences sexuelles auprès des différents acteurs pour l'identification des victimes et la première prise en charge. Des actions de sensibilisation seront mises en place au sein des ligues et comités grâce à l'intervention de l'association Colosse aux pieds d'argile. Dans le cadre de ce partenariat, la FFJDA s'engage notamment à sensibiliser les clubs affiliés au respect de la charte des Colosses.

© FFJDA

En marge de cette convention, la FFJDA s'engage quotidiennement à lutter contre toute forme de violence et de discrimination et à œuvrer pour que le judo et disciplines associées restent porteurs de valeurs universelles. La fédération a notamment adopté un plan de prévention des violences dans ses disciplines autour d’axes majeurs :

  • le contrôle d'honorabilité de tout enseignant, encadrant bénévole et dirigeant de ligue, de comité et d’association affiliée à la FFJDA;

  • l’accessibilité à tous à la plateforme ALERTE VIOLENCES JUDO pour signaler à la fédération une situation de violence, quelle qu’en soit la nature;

  • la création d’une Commission Violences, organe de réflexion, d’échanges, de concertation et de prise de décisions concernant les dérives sous toutes leurs formes;

  • la mise en œuvre de partenariats avec des associations spécialisées, à l’échelle de la fédération et des territoires;

  • une collaboration accrue avec tous les services de l’Etat concernés : ministère des sports, ministère de l’éducation nationale, ministère de la justice…

 

LE MOT DU PRÉSIDENT : 

"La lutte contre les violences sous toutes leurs formes est une priorité pour la Fédération. La signature avec l'association Colosse aux pieds d'argile est pour nous l'assurance d'être accompagnés par des personnes qui sont plus qualifiées que nous sur ces questions. C'est un signe fort que l'on veut envoyer à nos pratiquants mais aussi aux prédateurs potentiels".
 

Stéphane Nomis

 

RÉACTIONS 

Sébastien Boueilh, directeur et fondateur de l’association Colosse aux pieds d’argile

Sur la signification de cette nouvelle signature pour l’association Colosse aux pieds d’argile :
C’est une convention qui me tenait à cœur car, même si je ne pratique pas le judo, j’ai reçu plusieurs témoignages et je m’étais engagé auprès de victimes que j’accompagne d’essayer de mettre en place cette convention rapidement. J’ai pu communiquer avec Stéphane avant les élections et il s’était engagé, s'il était élu, à associer la Fédération Française de Judo à notre démarche. Je suis très satisfait de cette signature, une convention de plus pour l’association, une nouvelle fédération prend le taureau par les cornes pour protéger ses enfants et ses éducateurs. C’est parfait. 

Sur le nombre de fédérations conventionnées :
Nous aurons bientôt 40 fédérations conventionnées. Nous avons doublé le nombre de nos conventions avec les fédérations en un an. Cela prouve que la parole se libère et les fédérations adhèrent. C’est d’ailleurs un joli slogan ! 

© FFJDA

Sur les attentes vis-à-vis de la FFJDA pour cette convention :
Nous souhaitons multiplier les actions territoriales pour pouvoir continuer à libérer cette parole. Notre objectif n’est pas de faire la chasse aux sorcières, on cherche à se servir du sport comme levier libérateur pour les victimes qui restent majoritairement intrafamiliales. Nous souhaitons également former le maximum d’encadrants et de référents pour qu’ils ne se mettent pas dans des situations risquant d’être mal interprétées et d’entraîner de fausses allégations. Notre objectif global est de sensibiliser le maximum de personnes à ces sujets qui sont encore tabous mais qui le deviennent de moins en moins. 

Sur les engagements de l’association vis-à-vis de la FFJDA :
Plusieurs actions vont être mises en place. Nous allons d’abord commencer cette année par organiser la sensibilisation et la formation auprès des professionnels encadrants au niveau des ligues. Nous allons organiser des visio-conférences avec les ligues et les différents acteurs du mouvement sportif. Au total, ce seront plus de 800 personnes qui seront sensibilisées dans l’année à venir. Les ligues commencent déjà à s’emparer du sujet car nous sommes sollicités pour intervenir auprès des comités.

Sur les moyens mis en place par l’association pour venir en aide aux victimes :
Lorsque nous recevons une victime de violences sexuelles, nous proposons un accompagnement psychologique et juridique individuel, mais nous proposons aussi un accompagnement des victimes collatérales, c’est-à-dire les proches de la victime lorsqu’ils ne sont pas les agresseurs. Ils ont la possibilité de discuter de victime à victime, avec moi notamment, car cela peut parfois être plus simple. Nous travaillons avec un réseau de psychologues spécialisés et de juristes qui viennent directement en aide aux victimes. De plus, nous accompagnons également les clubs et les associations qui peuvent, dans certains cas, se retrouver démunis face à une telle situation.  

Sur la charte des Colosses : 
Cette charte est conçue pour que, dans la mesure où elle est respectée, aucun entraineur ou enfant ne puisse se retrouver en danger ou dans une situation qui pourrait être mal interprétée, que cela soit dans la structure, au cours des déplacements ou dans la communication interpersonnelle. C’est une charte de bonne conduite écrite en une quinzaine de points. Nous incitons par exemple à arrêter de faire le bisou aux enfants que l’on encadre, on le remplace par un check, ce qui permet de mettre une distance avec l’enfant. Dans le cadre d’un déplacement, s'il n'y a qu’un enfant dans la voiture, il reste à l’arrière du véhicule et non à l'avant. Dans le domaine de la communication, nous proposons d’arrêter de communiquer individuellement avec les enfants mais de favoriser la communication groupée avec tous les enfants que l’on encadre. Enfin, cette charte encourage fortement à ne pas se retrouver seul avec un enfant dans un endroit clos, même pour prodiguer des soins… Nous avons écrit cette charte pour protéger à la fois le licencié et l’éducateur.

Sur la mobilisation du mouvement sportif sur le sujet des violences sexuelles :
Il était temps ! Il faut dire que, depuis que notre actuelle ministre chargée des sports Roxana Maracineanu a pris ses fonctions, les choses commencent à bouger. Elle s’est engagée sur plusieurs actions. Les paroles se libèrent et c’est tant mieux. Maintenant, il faut pouvoir accueillir ces paroles et la justice doit être en capacité d'accueillir cette affluence de témoignages. Il y a encore un gros travail à effectuer à ce niveau. Mais je suis optimiste et je suis la preuve que l’on peut s’en sortir, malgré 4 années de viol et 18 années de silence et d’autodestruction. Mais pour cela il faut parler, la honte doit changer de camp. Une victime n’est pas coupable. 

Magali Baton, vice-présidente secrétaire générale

Sur ce que représente la signature de cette convention pour la FFJDA :
La lutte contre les violences sous toutes leurs formes est une priorité pour notre Fédération. Des affaires sont sorties en fin de campagne et il était impossible pour nous de ne pas agir. En tant que citoyen, on ne peut pas faire autrement que de se placer du point de vue des victimes et, comme maintenant on est représentants de la Fédération et personnes morales, mon point de vue personnel ne change pas. Notre devoir moral est d’être au plus proche des victimes, celles pour lesquelles c’est arrivé, qui sont identifiées et de créer des conditions pour celles qui n’ont pas eu l’opportunité de le faire pour qu’elles puissent le faire dorénavant avec l’assurance que la Fédération sera à leurs côtés. 

La signature avec l’association Colosse aux pieds d’argile c’est l’assurance pour nous d’être accompagnés avec des gens qui sont pointus, qui sont armés sur des compétences plus larges que les nôtres puisqu’ils proposent un suivi psychologique, une qualité d’écoute à laquelle nous ne sommes pas tous formés. Le fait d’être accompagnés par des associations spécialisées nous garantit plusieurs choses : d’abord des savoir-faire, une volonté de transparence et une garantie pour les victimes de savoir que nous sommes dans une démarche large et volontaire puisque nous inscrivons aussi dans une volonté ministérielle puisque c’est l’un des chevaux de bataille de la ministre Roxana Maracineanu. Nous nous engageons avec elle et on le fait d’autant plus que c’est un vrai sujet que ce soit pour Stéphane ou pour moi. Dès que nous avons été élus, le premier geste fort de Stéphane a été de me confier ce sujet pour que je m’en empare de manière prioritaire. On a été vite puisque la signature avec l’association Colosse aux pieds d’argile intervient deux mois après l’élection et sera suivie d’une signature la semaine prochaine avec une autre association.

Sur la prise de contact avec l'association Colosse aux pieds d'argile : 
Cela s’est fait assez facilement. Durant la campagne, Stéphane a appelé Sébastien Boueilh, le président de cette association. On s’est dit « Un an après les révélations de Sarah Abitbol et ses conséquences, comment se fait-il que la fédération ne se soit pas entourée d’experts ? » ; on s’était dit que nous prendrions contact avec eux et ce point a été inscrit dans notre campagne : si nous étions élus, nous signerions avec des associations spécialisées parce que nous voulions faire de la question des violences dans notre sport une priorité. La semaine qui a suivi notre élection, j’ai pris contact avec Sébastien qui était ravi que l'on transforme l'essai ; on lui a dit que c’était une priorité et ensuite, il a fallu un peu de temps pour la concrétisation. 

L’association est bien structurée puisque Sébastien est dans les Landes mais ils ont des réseaux. On a rencontré le responsable de l’antenne parisienne qui est venu nous voir, ce qui nous a permis de pré-caler les grandes lignes de la convention. 

© FFJDA

Sur l'importance de s'engager auprès de cette association :
C’est un signe fort que l’on veut envoyer à nos pratiquants mais, surtout, aussi, aux prédateurs potentiels. Ce n’est pas une action isolée mais elle s’inscrit dans le cadre d’une action globale. L’enjeu c’est de créer toutes les barrières possibles pour éloigner les prédateurs de nos salles de sports. Colosse est une association qui est déjà bien implantée dans beaucoup de fédérations. Ils ont une antériorité intéressante, c’est un gain de temps pour nous car ils connaissent bien leur sujet, ils ont des process d’interventions qui sont bien rodés. J’ai déjà pu assister à une séance de sensibilisation, c’est percutant, c’est parlant. Notre but est de décliner ces actions de sensibilisation et de les proposer au plus grand nombre pour que l’on apprenne à se protéger.

Sur les actions concrètes que la fédération va mettre en place : 
Dans le cadre de la signature de cette convention, non seulement la Fédération va adhérer mais nous allons également payer l'adhésion pour l’ensemble des ligues en leur demandant en contrepartie de s’engager à organiser a minima une action de sensibilisation sur leur territoire en leur laissant le choix (par ligue, par département) en sachant qu’il y a déjà des ligues et des comités qui ont contracté avec Colosse. Heureusement, on a des gens qui sont pro actifs et qui n’ont pas attendu le réveil de la Fédération pour engager des actions. Nous aurons la nécessité de coordonner toutes ces actions. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on signe au niveau national. En payant l’adhésion des ligues, on veut montrer à l’ensemble de notre population que c’est un sujet prioritaire, que l’on va le prendre à bras le corps, que nous ne devons plus avoir peur de ces questions, que malheureusement ce sont des faits qui font partie du paysage et ce n’est pas en mettant un mouchoir sur la tête qu’ils vont disparaitre. C’est au contraire en les affrontant, en les regardant dans les yeux que l’on va pouvoir être actifs. 

C’est donc le premier point : on prend l’adhésion pour les ligues et on les incite à faire la même chose pour les comités ou en tout cas à engager des actions de sensibilisation. 

Ensuite, on va proposer une formation d’une journée aux 12 référents violences régionaux qui ont été identifiés par la direction technique nationale car il n’est pas question de nommer des personnes sur de nouveaux dossiers sans les accompagner et les former. Il y aura aussi au sein de la Fédération un certain nombre de personnes qui y assisteront, j’y assisterai ainsi que les juristes. Il s’agit de conduire une véritable action autour de cette question. 

On va même élargir la formation : la journée de formation Colosse sera accompagnée d'une intervention sur les dérives au sens large car les violences sexuelles sont une forme de dérive, comme le dopage en est une, les paris encore une autre ou encore la radicalisation. Aujourd’hui, nous devons être capable de former nos référents violences sur la logique qu’il y a derrière les violences sexuelles. Nous voulons leur donner les armes pour pouvoir être efficaces sur leurs missions sur les territoires.

Sur le soutien qui va être apporté aux clubs pour lutter contre les formes de violence :

Pour les clubs, en  direct, c’est  un peu plus complexe. Nous souhaitons nous appuyer sur notre maillage territorial pour que les ligues incitent les comités, si nécessaire, à s’approprier le sujet. Ceux-ci, à leur tour, pourront  décliner cette action au niveau de leurs clubs. C’est selon moi la manière la plus efficace de fonctionner.

Il y a aussi une réalité qui est qu’aujourd’hui, un certain nombre de clubs ont déjà contracté avec Colosse et ont déjà bénéficié de leurs interventions que ce soient sous forme de sensibilisation, de formations. La commission violences va être en charge de répertorier toutes ces actions pour savoir tout ce qui a déjà été fait. Ma volonté c’est que chaque comité à la fin de l’olympiade ait pu proposer à l’ensemble de ses clubs une action de sensibilisation. Et, je n’ai pas beaucoup d’inquiétudes sur le sujet car, les échos que j’ai sont positifs, je sens les présidents de comité concernés par la question. Ils sont réceptifs à cette question et ils seront enclins à organiser ces temps de sensibilisation. J’ai bon espoir que ça puisse être conduit dans chaque comité et ça va pouvoir ruisseler dans le plus de clubs possibles, quitte à ce qu’ensuite les clubs s’approprient la démarche à leur niveau.