Portrait de Georges Pfeifer (Président FFJDA de 1966 à 1972) - France Judo

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Portrait de Georges Pfeifer (Président FFJDA de 1966 à 1972)

26/05/2026

Le portrait du mois de mai est dédié à Georges Pfeifer, président de 1966 à 1972.

De 1964 à 1968, la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées (FFJDA) a connu une phase de transition majeure marquée par la succession de deux Présidents emblématiques :
 
Claude Collard (Président de 1961 à 1966) et Georges Pfeifer (Président de 1966 à 1972).
 
Georges Pfeifer s'inscrit dans la continuité de la structuration sportive, tout en devant gérer les crises d'identité internes au Judo Français, il a été ;
  • Administrateur et rigoureux : Il a incarné la branche "sportive" et administrative, défendant la légitimité de la fédération face aux dissidences.
  • Déterminé et institutionnel : Il a dû faire face avec fermeté aux fractures culturelles entre les tenants du Judo de compétition (fédéral) et ceux du Judo traditionnel.
 

Actions majeures :

 

  • Nomination d'Henri Courtine comme DTN (1966) : L'une de ses premières grandes décisions est de nommer Henri Courtine (figure légendaire du Judo Français) au poste de Directeur Technique National. Ce duo va moderniser la détection et la préparation des athlètes d'élite.

  • Publication de la première "Progression Française" (1967) : Sous sa présidence, la Fédération unifie l'enseignement du Judo sur tout le territoire en publiant un programme officiel et standardisé pour le passage des ceintures (la progression technique).

  • Gestion de la scission avec le Judo traditionnel : Cette période est marquée par de fortes tensions avec les puristes du Judo (menés notamment par le Collège des Ceintures Noires et les courants affiliés à des maîtres Japonais comme Haku Michigami). Face à la création de ligues dissidentes (comme la Fédération Nationale de Judo Traditionnel), Georges Pfeifer maintient le cap d'un Judo axé sur les catégories de poids et la reconnaissance de l'État.
 
En résumé : L'action présidentielle à la FFJDA a consisté à faire passer le Judo d'un statut de discipline martiale scindée en diverses méthodes à celui de sport olympique majeur, doté d'une direction technique unifiée et d'un enseignement standardisé à l'échelle nationale.
 
Le mandat de Georges Pfeifer (qui s'étend de 1966 à 1972) est qualifié par les historiens du sport de période de "modernisation autoritaire" et d'"institutionnalisation définitive" du Judo Français. Sous sa direction, le Judo achève sa mue : il cesse d'être une discipline d'initiés pour devenir un sport de masse hautement performant.
 
L'action de Georges Pfeifer à la tête de la Fédération est généralement définie par quatre grands traits :
  • Unificatrice et centralisatrice : Georges Pfeifer a imposé l'autorité exclusive de la Fédération (FFJDA) sur l'ensemble du territoire. Il a combattu sans relâche le "séparatisme" des écoles privées et des courants traditionnels pour imposer un seul modèle de Judo en France.
  • Normalisatrice : Il a codifié, réglementé et harmonisé. Que ce soit pour l'obtention des grades ou les règles de compétition, son action a visé à aligner le Judo sur les standards des autres grandes fédérations sportives nationales.
  • Rigoureuse et pragmatique : Gérant la fédération comme une véritable institution publique, il a su utiliser le soutien financier et législatif de l'État pour bâtir des structures pérennes.
  • Élitiste et compétitive : Pour Georges Pfeifer, le rayonnement international passait par les médailles. Son action a profondément privilégié le Judo de haut niveau et la détection des jeunes talents.
 
 
 

Principales actions sportives et structurelles :

 

Sur le plan purement sportif et technique, son mandat est marqué par des réformes qui ont dicté l'organisation du Judo Français pour les cinquante années suivantes.
 
Instauration de la "Progression Française" (1967) :
Avant Georges Pfeifer, l'enseignement du Judo dépendait fortement de la sensibilité de chaque club ou de l'influence de maîtres Japonais. En 1967, sous la direction technique d'Henri Courtine, la fédération publie la Progression Technique Officielle. Elle standardise les exigences pour chaque ceinture (du niveau débutant à la ceinture noire) et unifie la pédagogie sur tout le territoire.
 
La création du "SNA" (Structure Nationale d'Entraînement) :
Pour rivaliser avec les Japonais, Georges Pfeifer comprend qu'il faut professionnaliser l'entraînement. C'est sous son impulsion que se structurent les premiers regroupements nationaux réguliers des meilleurs athlètes français. Ce système préfigure ce qui deviendra plus tard l'INSEP et les structures de "Pôles France / Pôles Espoirs".
 
La généralisation des catégories de poids :
Le Judo traditionnel privilégiait les compétitions "toutes catégories" (Open), favorisant les gabarits lourds. Georges Pfeifer et son DTN imposent et consolident le système des catégories de poids dans toutes les compétitions officielles en France. Cette décision technique majeure a permis l'émergence de champions dans toutes les morphologies et a démultiplié le nombre de licenciés compétiteurs.
 
 

Principaux résultats sportifs de 1966 à 1972 :

 

Sous la présidence de Georges Pfeifer (1966-1972) et la direction technique d'Henri Courtine, la politique d'élite porte enfin ses fruits. Le Judo Français passe d'un statut d'outsider européen à celui de véritable place forte mondiale, capable de rivaliser avec le Japon.
 
L'essor international et l'affirmation face au Japon :
Sous sa présidence, la France s'affirme comme une puissance mondiale du Judo, avec de bons résultats aux Jeux Olympiques de Munich en 1972.
 
Bilan des principales médailles historiques acquises par la France au cours de cette période charnière ;
 
Les Jeux Olympiques de Munich (1972) :
Après l'absence du judo aux JO de 1968, l'édition de Munich en 1972 marque le véritable acte de naissance du judo français moderne aux Jeux.
 
Pour la première fois de son histoire, la France décroche 3 médailles olympiques :
  • Jean-Jacques Mounier : Médaille de bronze (Poids légers, moins de 63 kg).
  • Jean-Paul Coche : Médaille de bronze (Poids moyens, moins de 80 kg).
  • Jean-Claude Brondani : Médaille de bronze (TC).
 
La place de la France à l'échelle européenne :
C'est sur le continent européen que la France affirme sa régularité et sa force collective, engrangeant de nombreux titres de champions d'Europe individuels et par équipes.
 
Les grands champions d'Europe de l'ère Georges Pfeifer :
  • Armand Desmet : Champion d'Europe en 1967 à Rome ;
  • Serge Feist : Champion d'Europe en 1969 à Ostende ;
  • Jean-Jacques Mounier : Triple champion d'Europe consécutif en 1970, 1971 et 1972 (légers).
  • Guy Auffray : Champion d'Europe en 1971 (moyens)
  • Jean-Paul Coche : Champion d'Europe en 1972 (moyens).
 
Les Championnats d'Europe par Équipes :
Preuve de la réussite de la politique de masse et de la standardisation des clubs voulue par Georges Pfeifer, l'équipe de France masculine s'impose comme une machine collective :
  • Médaille d'or (Champions d'Europe) : 1968 et 1970.
  • Médaille d'argent : 1966, 1967, 1969, 1971 et 1972.
 
Bilan technique : Ce palmarès démontre que l'apparition des catégories de poids et la création des premières structures nationales d'entraînement (SNA) ont permis de diversifier les profils de vainqueurs, installant le Judo Français sur tous les podiums internationaux majeurs.
 
Pour synthétiser la personnalité et le style de gouvernance de Georges Pfeifer à la tête de la fédération (1966-1972), les historiens et les observateurs du sport utilisent une série de qualificatifs très précis.
 
Les principaux adjectifs et expressions qui le caractérisent ;
 
 
 

Sur son style de gouvernance :

 

  • Autoritaire / Directif : Il n'hésitait pas à trancher les conflits de manière verticale. Face aux frondes des puristes ou des clubs indépendants, il a imposé la ligne fédérale sans concession.
  • Intransigeant / Rigide : Doté d'une volonté de fer, il refusait les compromis avec ce qu'il considérait comme le « séparatisme » des écoles traditionnelles de Judo.
  • Légaliste / Institutionnel : Homme d'ordre, il concevait la fédération comme un prolongement de l'État et accordait une importance absolue aux règlements, aux statuts officiels et aux textes de loi.
 
 

Sur sa vision de la fédération :

 

  • Unificateur / Centralisateur : Il est celui qui a mis fin au morcellement du Judo Français en rassemblant toutes les forces (parfois de force) sous l'égide unique de la FFJDA.
  • Modernisateur / Normalisateur : Il a transformé une pratique martiale parfois perçue comme ésotérique ou mystique en un sport moderne, codifié, mesurable et standardisé.
  • Visionnaire (sur le plan de la formation) : En validant la création d'un programme technique unique (la Progression Française), il a fait preuve d'une grande clairvoyance pour l'avenir de l'enseignement du Judo.
 
 

Son rapport au sport de haut niveau :

 

  • Élitiste / Compétiteur : Pour lui, la légitimité suprême du Judo passait par les médailles internationales et la performance pure, plutôt que par la seule quête philosophique ou esthétique du dojo.
  • Pragmatique / Réaliste : Il a rapidement compris que pour battre les Japonais, il fallait abandonner le romantisme des combats sans catégorie de poids et adopter une approche scientifique et athlétique de l'entraînement.
 
Son bilan en une phrase : L'action sportive de Georges Pfeifer a transformé un art martial morcelé en une discipline sportive d'État, standardisée dans ses clubs et redoutable sur la scène internationale.
 
On qualifie souvent Georges Pfeifer de « Jacobin du Judo Français » ou de « Président bâtisseur », un dirigeant à poigne qui a fait entrer le Judo Français dans l'âge adulte de la performance.
 

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