Portrait de Georges Pfeifer (Président FFJDA de 1966 à 1972)
Le portrait du mois de mai est dédié à Georges Pfeifer, président de 1966 à 1972.
- Administrateur et rigoureux : Il a incarné la branche "sportive" et administrative, défendant la légitimité de la fédération face aux dissidences.
- Déterminé et institutionnel : Il a dû faire face avec fermeté aux fractures culturelles entre les tenants du Judo de compétition (fédéral) et ceux du Judo traditionnel.
Actions majeures :
-
Nomination d'Henri Courtine comme DTN (1966) : L'une de ses premières grandes décisions est de nommer Henri Courtine (figure légendaire du Judo Français) au poste de Directeur Technique National. Ce duo va moderniser la détection et la préparation des athlètes d'élite.
-
Publication de la première "Progression Française" (1967) : Sous sa présidence, la Fédération unifie l'enseignement du Judo sur tout le territoire en publiant un programme officiel et standardisé pour le passage des ceintures (la progression technique).
- Gestion de la scission avec le Judo traditionnel : Cette période est marquée par de fortes tensions avec les puristes du Judo (menés notamment par le Collège des Ceintures Noires et les courants affiliés à des maîtres Japonais comme Haku Michigami). Face à la création de ligues dissidentes (comme la Fédération Nationale de Judo Traditionnel), Georges Pfeifer maintient le cap d'un Judo axé sur les catégories de poids et la reconnaissance de l'État.
- Unificatrice et centralisatrice : Georges Pfeifer a imposé l'autorité exclusive de la Fédération (FFJDA) sur l'ensemble du territoire. Il a combattu sans relâche le "séparatisme" des écoles privées et des courants traditionnels pour imposer un seul modèle de Judo en France.
- Normalisatrice : Il a codifié, réglementé et harmonisé. Que ce soit pour l'obtention des grades ou les règles de compétition, son action a visé à aligner le Judo sur les standards des autres grandes fédérations sportives nationales.
- Rigoureuse et pragmatique : Gérant la fédération comme une véritable institution publique, il a su utiliser le soutien financier et législatif de l'État pour bâtir des structures pérennes.
- Élitiste et compétitive : Pour Georges Pfeifer, le rayonnement international passait par les médailles. Son action a profondément privilégié le Judo de haut niveau et la détection des jeunes talents.

Principales actions sportives et structurelles :
Principaux résultats sportifs de 1966 à 1972 :
- Jean-Jacques Mounier : Médaille de bronze (Poids légers, moins de 63 kg).
- Jean-Paul Coche : Médaille de bronze (Poids moyens, moins de 80 kg).
- Jean-Claude Brondani : Médaille de bronze (TC).
- Armand Desmet : Champion d'Europe en 1967 à Rome ;
- Serge Feist : Champion d'Europe en 1969 à Ostende ;
- Jean-Jacques Mounier : Triple champion d'Europe consécutif en 1970, 1971 et 1972 (légers).
- Guy Auffray : Champion d'Europe en 1971 (moyens)
- Jean-Paul Coche : Champion d'Europe en 1972 (moyens).
- Médaille d'or (Champions d'Europe) : 1968 et 1970.
- Médaille d'argent : 1966, 1967, 1969, 1971 et 1972.

Sur son style de gouvernance :
- Autoritaire / Directif : Il n'hésitait pas à trancher les conflits de manière verticale. Face aux frondes des puristes ou des clubs indépendants, il a imposé la ligne fédérale sans concession.
- Intransigeant / Rigide : Doté d'une volonté de fer, il refusait les compromis avec ce qu'il considérait comme le « séparatisme » des écoles traditionnelles de Judo.
- Légaliste / Institutionnel : Homme d'ordre, il concevait la fédération comme un prolongement de l'État et accordait une importance absolue aux règlements, aux statuts officiels et aux textes de loi.
Sur sa vision de la fédération :
- Unificateur / Centralisateur : Il est celui qui a mis fin au morcellement du Judo Français en rassemblant toutes les forces (parfois de force) sous l'égide unique de la FFJDA.
- Modernisateur / Normalisateur : Il a transformé une pratique martiale parfois perçue comme ésotérique ou mystique en un sport moderne, codifié, mesurable et standardisé.
- Visionnaire (sur le plan de la formation) : En validant la création d'un programme technique unique (la Progression Française), il a fait preuve d'une grande clairvoyance pour l'avenir de l'enseignement du Judo.
Son rapport au sport de haut niveau :
- Élitiste / Compétiteur : Pour lui, la légitimité suprême du Judo passait par les médailles internationales et la performance pure, plutôt que par la seule quête philosophique ou esthétique du dojo.
- Pragmatique / Réaliste : Il a rapidement compris que pour battre les Japonais, il fallait abandonner le romantisme des combats sans catégorie de poids et adopter une approche scientifique et athlétique de l'entraînement.
Sur le même sujet...
24 Avril 2026
Judo et maternité : les 4 conseils de Madeleine Malonga pour bien vivre sa grossesse et sa reprise
Championne du monde 2019 et vice championne olympique en 2021, Madeleine Malonga n’a pas attendu la fin de sa carrière pour devenir mère. Retour sur une grossesse active et une…
24 Avril 2026
Reprendre le judo à 40 ans : le témoignage de Julien Michel
De retour sur les tatamis après une pause de plus de vingt ans, c’est dans le cadre familial du JC Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle) que ce quadra a de nouveau noué une…
24 Avril 2026
Édito - Santé mentale : bien dans sa tête, fort sur le tatami
Par Daniel Fernandes, responsable de l’équipe de France masculine.