Fédération Française de Judo
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Accueillir les jeunes judokas

LES CHUTES « CA TOMBE BIEN ? »

« Les jeunes aujourd'hui ne savent plus chuter »

crédit photo : D. Boulanger

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Est ce une réalité ou un constat de quelques nostalgiques du « Avant c'était mieux » ?
L'histoire nous apprend que l'apprentissage des chutes faisait l'objet d'un parcours fait de patience et de courage.
L'élève commençait par la chute arrière, première étape. L'apprentissage se prolongeait autant de temps qu'il était nécessaire pour assimiler tous les points techniques. Quand le professeur jugeait que l'élève maîtrisait la chute arrière, l'étape suivante pouvait commencer: la chute latérale puis la chute avant. Cette méthode pédagogique qui sans nul doute nous semble aujourd'hui d'un autre temps avait au moins le mérite de vérifier si l'élève maîtrisait parfaitement les ukémis. Maintenant, l'apprentissage du gokio pouvait commencer.
Le judo a un rôle social important : le couple tori-uké se doit de travailler en harmonie « entraide et prospérité mutuelle ». Avoir un bon uké est la clé d'une progression et d'une qualité de pratique. Etre un bon uké passe par la perception de tori, la nécessité d'avoir les mêmes objectifs techniques et la volonté de progresser ensemble.
L'élément fondamental pour être un bon uké est de maîtriser parfaitement les ukémis sous toutes leurs formes. La peur de la chute doit disparaître très vite. Seul un perfectionnement des ukémis peut vous en débarrasser. La pratique du judo et notamment du randori, doit se faire dans une sécurité la plus grande possible.
L'apprentissage du randori détermine également la longévité de la pratique, prendre du plaisir à faire randori. Pour cela, deux grands principes :
1-vouloir faire du judo avec son partenaire « jouer ensemble » créer les conditions pour que les deux judokas puissent s'exprimer dans un jeu libre et sincère que devrait être le randori.
2- l'acceptation de la chute, apprécier le moment ou la technique de votre partenaire a été efficace pour vous entraîner dans la chute. Cela doit déclancher un réflexe d'autoprotection qui fait que, d'une technique imposée, uké reprend
« la main » pour effectuer sa chute en toute sécurité. Notre système pédagogique est à mon avis d'un très bon niveau. Tous les outils à disposition des enseignants sont performants. La qualité de nos professeurs est reconnue.
La pédagogie est un secteur en perpétuel mouvement, la recherche de nouveaux concepts, de nouvelles approches pédagogiques doit être un souci permanent pour le bien du judo.
Le judo évolue avec son temps, son époque. C'est normal et nécessaire.
Les fondamentaux restent, les ukémis en font partis. Vouloir minimiser leurs rôles et leur apprentissage est une erreur fondamentale. Apprendre le judo prend toute une vie. Consacrons le temps nécessaire à l'essentiel, entre autre les ukémis. Les ukémis sont au judo ce que la sève est à l'arbre.
Pour mieux comprendre « les Ukemi » (brise-chute) [ voir ]

MES PREMIERS CONTACTS AVEC LE JUDO

crédit photo : A. Bouya

Témoignage de Laura 8 ans

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Quand je suis arrivée à la salle de sport avec ma maman pour m'inscrire, le professeur s'est tout de suite intéressé à moi, d'abord il m'a dit comment il s'appelle et puis il m’a fait voir « la salle » et m’a appris mon premier mot de Japonais le « dojo ». II m’a expliqué pourquoi. Pendant que maman remplissait les papiers d'inscription, le professeur m'a fait visiter « le dojo » et m’a appris encore quelques mots Japonais tels que : tatami, judogi, zoori, ukémi et, à chaque fois, il m'a donné l'explication avec la même gentillesse. Ce que j'ai aussi retenu de ses explications, c'est que j'allais retrouver des enfants de mon âge et que tous ensemble, on allait apprendre le judo.
Je lui ai demandé si cela faisait mal de tomber. II m’a pris par la main et m’a emmené près du tatami pour m'expliquer pourquoi je ne me ferais pas mal en chutant. J'ai bien compris que le judo était Japonais et que j'allais adopter quelques coutumes et façons de faire de ce pays.
Mon professeur m'a demandé si j'avais des questions à lui poser. J'ai dit non, mais en réalité, j'en avais tellement que je ne savais pas laquelle poser. Ma maman est venue nous rejoindre, elle a discuté avec le professeur, des trucs de grands. A la fin, pour partir, j'ai tendu la main à mon professeur et il a eu un sourire en me disant : « rappelle toi, ici c'est un dojo et le salut est différent. Au revoir Laura ». II a proposé à ma mère de regarder le cours de judo qui allait commencer. On est restée un peu, c'était super ! J'ai hâte de revenir dans mon club, l'ambiance y est très bonne et le prof est « cool ».